Il a mis un an à le fabriquer. Des heures et des heures de boulot. Envolées en 15 minutes. Depuis, Simon est à la recherche de son magnifique vélo en bambou. Une petite bête électrique très classe, et unique, réalisée pour son mémoire.

«Je faisais mes courses au Delhaize de la Chaussée de Wavre, près des casernes à Auderghem. J’avais laissé mon vélo dehors. Quand je suis revenu: il s’était envolé», déplore l’ingénieur industriel de 26 ans. «J’avais mis un cadenas. Mais avec une bonne pince coupante, un voleur le piquera de toute façon».

Simon fait alors le tour du quartier puis prévient la police. Et se lance dans une campagne d’affichage. Il placarde son vélo partout dans le quartier. On lui dit que la bécane a été aperçue dans le centre de Bruxelles, rue Camusel, près de la Porte d’Anderlecht. «J’y suis allé mais je n’ai rien vu. La police me conseille d’y retourner mais, surtout, de ne pas intervenir si je voyais mon vélo: mieux vaut les prévenir. Ils ont sans doute peur que je casse la figure du voleur. Mais la colère est retombée.»

«Je ne passais pas inaperçu»

Car colère il y avait. Le vélo est un vrai petit bijou d’ingénierie. Un projet sur mesure fignolé pour obtenir un diplôme à l’Ecam. «Les voleurs l’ont sans doute pris pour la batterie et le moteur. C’est vrai que ça vaut quelques centaines d’euros mais moi, j’m’en fous! Je les ai achetés. À mes yeux, ce qui a de la valeur, c’est le cadre de bambou. Il m’a fallu 6 mois pour le peaufiner. Mon mémoire exigeait d’imaginer un processus industriel pour le commercialiser. Il fait 13 kilos et ma famille m’a sponsorisé pour le construire. Le reste, ce sont des pièces que j’ai récupérées sur d’autres vélos. Sa valeur est donc sentimentale  : il m’a permis d’obtenir mon diplôme».

Simon assure qu’avec un tel cadre de bois, ce deux-roues est plus léger et plus solide qu’un vélo traditionnel. «Quand je descendais boire un verre à Flagey, je ne passais pas inaperçu! Le bambou a des qualités incroyables. Compressé, il résiste mieux que le métal. On pourrait donc obtenir des vélos très efficaces en l’utilisant, même si l’ensemble batterie-moteur pèse 19kg. Si j’en concevais un deuxième, je tenterais de redimensionner le cadre pour en réduire la taille car la suspension a été difficile à fixer. Je le ferais plus petit et plus léger. Et plus fun aussi!»

Au moins, Simon n’a pas perdu sa motivation.

 Source : lavenir.net