• A côté de chez nous... Les clarisses quittent Malonne pour Woluwe-Saint-Pierre

     

    Wolu1200 : Les clarisses quittent Malonne pour Woluwe-Saint-Lambert

    Les clarisses quittent Malonne. Les paroissiens les ont saluées hier matin lors d’une messe en leur honneur et en présence de Gabriel Ringlet.

    «C’est un au revoir, pas un adieu», a dit hier matin l’abbé Giuseppe Vacca, s’adressant aux onze sœurs clarisses de Malonne, dans une église Saint-Berthuin pleine de monde pour cette célébration dominicale toute particulière.

    Le mois prochain, les clarisses quitteront le village, mettant fin à 112 années de présence au monastère Clarté Notre-Dame, sur la colline du Tombois. Les sœurs, dont l’âge et le nombre n’autorisent plus de résider dans cette grande propriété, gagneront le monastère du Chant d’Oiseau, à Woluwe-Saint-Pierre.

    Présentes depuis 1903, les huit sœurs avaient accueilli Michelle Martin, l’ex-femme et complice du pédophile Marc Dutroux, lors de sa libération conditionnelle en septembre 2012.

    Dans un article qui leur est consacré sur le site du diocèse (il n’en a pas été question lors de la cérémonie), Sœur Marie-France revient sur leur décision d’accueillir Michelle Martin: «Nous avons pris la décision, mûrement réfléchie, de l’accueillir toutes ensemble. Nous connaissions déjà Michelle Martin par les visites que nous lui rendions à la prison. Nous savions que nous n’aurions personne à l’hôtellerie ou encore en formation et que c’était du provisoire. Nous n’avions pas mesuré combien nos contemporains ont été bousculés par cette affaire. Nous avons reçu des caisses de courriers d’insultes. Et finalement, nous avions peur de sortir.»

    Gabriel Ringlet, fervent soutien

    Dans l’assistance, parmi les paroissiens et les proches des clarisses, un visage connu: celui du prêtre, écrivain et professeur d’université Gabriel Ringlet. «Il était normal que je sois ici aujourd’hui, confiait-il à la sortie de la messe. D’une part parce que je suis souvent venu en retraite à Malonne, lorsque j’étais jeune, et que je me sens très proche du monde contemplatif et de la spiritualité des clarisses. D’autre part parce que je suis venu très souvent chez les clarisses de Malonne lors de cette période très difficile où elles ont accueilli Michèle Martin. Elles m’avaient demandé de les accompagner dans cette démarche, sachant que j’avais célébré l’enterrement de Julie et Melissa et que j’étais proche des parents des fillettes.»

    Gabriel Ringlet avait été dans les médias un ardent défenseur du geste des clarisses de Malonne. Aux côtés desquelles il a partagé, de même que les paroissiens, un verre de l’amitié en plein air, à l’ombre du clocher de Saint-Berthuin.

    « Rien de ce qui a été vécu ne sera oublié »

    «On est venus de France pour arroser la dernière messe de notre sœur à Malonne!» Le verre de blanc à la main, Gérard Danis explique qu’il a fait tout exprès le déplacement de Saint-Nicolas de Bourgueuil, en Indre-et-Loire.

    À ses côtés, Simone Danis est venue de moins loin, de Trelon, dans le Nord. Ils devaient être là: leur sœur Thérèse quitte Malonne, où elle vivait au sein de la communauté des clarisses depuis 1950.

    «Vous imaginez, ça fait 65 ans», dit la religieuse octogénaire. Toujours très pétillante, elle pose pour la photo avec ses frère et sœur. Ce n’est que rires et boutades. L’ambiance d’hier matin n’était pas au déchirement de quitter Malonne, mais plutôt à la joie d’y partager encore un bon moment avec ses proches, avec les paroissiens.

    Le choix de la sagesse

    «On s’éloigne de Malonne, mais rien de ce qui a été vécu ici n’est oublié, dit sœur Thérèse. Pendant toutes ces années, on a eu beaucoup de relations très riches avec les villageois. Ce qu’on quitte, ce n’est jamais que du matériel. On emporte les souvenirs, c’est le plus important.»

    Sœur Thérèse ne part pas le cœur trop gros. «Certaines sœurs, plus émotives de nature, ont peut-être un peu plus de difficultés que moi, dit-elle. Mais nous sommes toutes convaincues que partir était le bon choix, le choix de la sagesse. Pour vivre mieux, nous avions vraiment besoin d’un endroit plus petit, de ne plus être propriétaire d’un grand monastère. Il devenait vraiment difficile de s’occuper du bâtiment, tout comme du jardin d’ailleurs. C’était ce qu’il fallait faire. C’est la vie, et la vie continue.»

    Source et photos : http://www.lavenir.net/cnt/dmf20150607_00660783

     


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