• Le boulevard Brand Whitlock, l'autoroute qui balafre Woluwe-Saint-Lambert

       AMÉNAGEMENT : L’échevine et députée Isabelle Molenberg demande des mesures.

    Le boulevard Brand Whitlock est infranchissable excepté à deux endroits. L’artère coupe la commune en deux et souffre d’un manque d’entretien, s’affirmant comme calvaire en termes de mobilité douce. La commune demande des aménagements mais la Région semble résignée à l’inaction.

     Le kilomètre et demi qui sépare le rond-point Montgomery du square Vergote coupe Woluwe-Saint-Lambert en deux. Le boulevard Brand Whitlock est davantage une autoroute urbaine, véritable contre-exemple pour la mobilité des piétons, cyclistes et personnes à mobilité réduite (PMR). En juin, l’échevine et députée bruxelloise Isabelle Molenberg remettait le dossier sur le tapis en interpellant la ministre sur l’avenir de cette artère, rappelant qu’en quatre années de législature aucun changement n’était à noter. « Au contraire, la situation empire, note l’élue de Woluwe. Le boulevard est infranchissable, à l’exception d’un carrefour à hauteur de l’avenue Georges Henri et en sous-sol par la station de métro du même nom, ou par le tunnel Vergote, qui représente d’autres sources de problèmes liés cette fois-ci à la sécurité, et qui n’est pas accessible à tout le monde ». L’unique évolution semble être le laisser-aller en termes d’entretien général, « à l’exception du bitume des voies latérales qui a été entièrement et récemment refait. Les abords sont par contre désastreux : dalles cassées ou descellées, saleté permanente, éclairage défaillant… » Et pourtant, le cas du boulevard Brand Whitlock a fait l’objet d’interpellations et de propositions. En 2008, l’association de comités de quartier Wolu-Inter-Quartier (WIQ) présentait un projet d’aménagement, ciblant des mesures à court et plus long terme, pour l’axe Montgomery – Meiser, intégrant le boulevard, et visant à recréer un lien entre les deux rives et donnant la priorité à la circulation locale. Parmi ces mesures, une réduction du nombre de bandes réservées à la circulation automobile et de la largeur de ces bandes – induisant une diminution de la vitesse ; l’établissement de plusieurs liaisons entre les deux rives (rond point à George Henri, passages pour piétons, éventuellement passerelles) ; le réaménagement complet des trottoirs ; l’amélioration des conditions des traversées piétonnes ; l’intégration des PMR, des cyclistes, des bus en site propre ; ou encore l’établissement d’un plan lumière. « Des projets sont prévus pour le boulevard général Jacques et la place Meiser, mais pas pour les axes qui les relient et qui constituent un maillon oublié. Des aménagements ont également été réalisés au niveau du boulevard Saint-Michel, mais le tronçon de Brand Whitlock est totalement oublié », dénonce Isabelle Molenberg. L’échevine plaide notamment pour que des aménagements à moindre coût soient menés, comme la suppression de bandes de circulation sur cet axe qui en compte jusqu’à neuf par endroits. « Cette très belle artère a été transformée, il n’y a pas si longtemps, en une quasi-autoroute, a répondu Brigitte Grouwels. Cette situation peut changer mais, en toute honnêteté, nous n’avons pas prévu dans l’immédiat de profondes adaptations. » La ministre des Travaux évoque le maintien du viaduc Reyers dans le schéma directeur de la Moyenne ceinture et le réaménagement de la place Meiser prévu en 2019-2020 comme autant de freins à d’autres projets. Elle a néanmoins assuré que les questions d’entretien et d’aménagements plus sommaires seraient prises en compte par son administration, faisant notamment référence à un projet existant visant à rendre accessible ce tronçon de la Moyenne ceinture. « Nous pouvons soumettre ce projet pour avis à la commune. » Du côté de Bruxelles Mobilité, on ne voit que le projet présenté voici deux ans : de simples marquages entre Montgomery et Georges Henri instaurant une bande bus et vélos vers Montgomery, et une piste cyclable vers Georges Henri. « Un projet pas très bien accueilli par la commune car prévoyant la suppression d’une bande vers Montgomery », confie l’administration. L’échevine, elle, se souvient bien d’un projet porté par la Stib et pour lequel le collège avait effectivement émis de sérieuses réserves, « parce qu’il prévoyait l’abattage d’arbres, alors que le bus est bloqué avant ce tronçon. Qui plus est, les marquages prévus étaient insécurisants. Nous plaidons pour que l’on supprime des bandes de circulation plus loin, entre le tunnel Georges Henri et la sortie d’autoroute, où il y a jusqu’à neuf bandes, et qu’une bande soit transformée en stationnement en épi, ce qui permettrait de gagner de l’espace de parking et de diminuer la vitesse, aujourd’hui excessive ».

    ■  MARIE DE SCHRIJVER

    Source : "Le Soir"


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