• Wolu1200 : C'est quoi être... questeur, Monsieur Olivier Maingain ?

    Ca vous plairait un hobby occasionnel à 60.000 euros l'année? Et gagne-t-on vraiment plus dans le privé que dans le public?

    Wolu1200 : C'est quoi être... questeur, Monsieur Olivier Maingain ?Celle-là, l’auteur de ces lignes l’a entendue plus d’une fois. Mais quelle idée, d’être passé de l’informatique au journalisme – pécuniairement, s’entend bien. À présent, on tient une réplique imparable. Quelle bêtise surtout de ne pas s’être lancé en politique!

    On force le trait, on caricature? Sans doute. Mais si peu, à certains égards. Ainsi, il apparaît que, durant 5 ans, Olivier Maingain a présidé le collège des questeurs du Parlement fédéral – l’idée est de superviser la gestion matérielle et financière de la Chambre. Rémunération à la clé: 5.300 euros brut par mois, lui permettant, puisqu’il s’agit d’une "fonction spéciale", de dépasser le fameux plafond salarial fixé à 150% de l’indemnité parlementaire (à la grosse louche, 180.000 euros brut par an).

    On doit bien l’avouer: ce que font ces questeurs, on n’en sait trop rien. Mais on sait ceci: Olivier Maingain est député fédéral et, en tant que bourgmestre, préside à la destinée de Woluwe-Saint-Lambert (un fifrelin de 50.000 âmes). Sans oublier la présidence de DéFI – qui cause certes moins d’ulcères que celle du PS, mais tout de même. Bref, questeur, pour Olivier Maingain, c’est plus proche du hobby occasionnel que du boulot à plein-temps. Un hobby à plus de 60.000 euros l’année – il y a de quoi méditer sur une réorientation récréative.

    Mais si le secteur privé rémunère si généreusement, pourquoi ne pas aller y voir si la fiche de paye est plus grasse?
    Le patron, en la matière, reste malgré tout Yvan Mayeur. Imbattable. Et plutôt hallucinant. Ayant activé son parachute doré de député et multipliant tant les casquettes que les genres, l’ex-bourgmestre de Bruxelles et désormais ex-PS a empoché pendant 2 ans quelque 27.000 euros brut par mois. "J’ai probablement commis des erreurs", dit-il aujourd’hui. Probablement, Yvan.

    Bien sûr, tout cela est légal. Archi. Mais voilà, la loi est parfois mal fagotée ou biscornue – alors que la Belgique politique pleure le décès de Simone Veil, l’avortement reste coincé dans son code pénal. Et visiblement, en politique, la décence semble avoir du mal à prendre le relais.

    On vous parle de cela parce l’argument nous chatouille depuis un bon bout de temps. "Oui mais dans le privé je gagnerais plus!" Combien de fois cette pauvre parade a-t-elle servi à justifier une rémunération coquette, voire discutable? Mais si le secteur privé rémunère si généreusement, pourquoi ne pas aller y voir si la fiche de paye est plus grasse?

    Quelques chiffres, afin d’en ramener certains sur le plancher des vaches. En 2014, le salarié belge à plein-temps gagnait en moyenne 3.414 euros mensuels – le salaire médian, qu’on trouve plus significatif, s’élevait à 2.976 euros. Seuls 10% des salariés dépassaient les 5.178 euros par mois.

    Oserait-on demander à ces messieurs-dames ce qui leur fait penser qu’ils peuvent se compter au rang des phares de l’humanité, méritant de toucher autant, si pas plus, que ceux qui ont atteint le haut de l’échelle du privé – et ce alors que, pour la plupart, la magnificence de leur gestion publique n’a pas encore fait l’objet d’une révélation collective?

    On y voit une forme d’aveuglement, de fatuité et de déconnexion de la réalité.

    Diantre. Et dire qu’à la base, on comptait vous parler de l’étrange ballet qui s’offre à voir sur le thème de la gouvernance politique. On y reviendra, n’en doutez pas.

    En attendant, on vous laisse. On s’en va postuler dans le public. Il paraît que les talents y sont rémunérés à leur juste mesure... ça tombe bien: la présidence de Vivaqua est sur le point de se libérer.

    SourceL'Echo 
    Benoît Mathieu
    http://www.lecho.be/economie-politique/belgique-general/Lettre-de-motivation-pour-la-presidence-de-Vivaqua/9909870
    Le Collège des questeurs

    Compétences

    Le Collège des questeurs est compétent pour la gestion matérielle et financière de la Chambre : les bâtiments, le personnel, l'informatique, les dépenses, ... Le Collège établit le projet de budget de la Chambre. Aucune dépense ne peut être engagée sans le visa du Collège. Le Collège formule des propositions au Bureau en matière de nomination et de révocation du personnel.

    Questeur : Un terme qui date de l’Antiquité

    Le terme de questeur vient du latin quaestor (XIIIe siècle), lui-même dérivé de quaerere « chercher, demander ». Cette charge fut, selon le dictionnaire historique de la langue française, créée en 447 avant J-C pour aider les consuls à faire face à la multiplicité de leurs tâches. Cette fonction perdura sous César. Elle était alors essentiellement financière : possession des clés du trésor de l’État, autorisation des dépenses, perception des tributs et autres impôts, etc.

    La résurgence du terme et de la fonction de questeur date du sénatus-consulte du 28 frimaire an XII (20 décembre 1803)

    Que font les questeurs ? (Belgique)

    Dans la Rome antique, le «quaestor» était déjà un trésorier. C’est toujours vrai aujourd’hui. Le Collège des questeurs est compétent pour la gestion matérielle et financière de la Chambre: les bâtiments, le personnel, l’informatique, les dépenses…

    Le Collège établit le projet de budget de la Chambre. Aucune dépense ne peut être engagée sans le visa du Collège. Le Collège formule des propositions au Bureau en matière de nomination et de révocation du personnel.

    Au maximum six députés occupent la fonction de questeur. Lors de la dernière législature, le Collège se compose de quatre députés, élus en qualité de questeurs par la séance plénière pour une durée de deux ans. Le Collège est assisté par les services de la Questure.

    Source : http://www.lavenir.net/cnt/dmf20140516_00476947

    Que font les questeurs ? (France)

    Agissant sous la direction du Bureau présidé par le président de l’Assemblée nationale, les trois questeurs « sont chargés des services financiers et administratifs. Aucune dépense nouvelle ne peut être engagée sans leur avis préalable » (article 15, alinéa premier, du Règlement de l’Assemblée nationale).

    Ils sont élus par leurs pairs au début de chaque législature, puis tous les ans au début de la session ordinaire. « La présence de parlementaires d’opinions différentes parmi les questeurs permet de dégager un consensus entre les groupes politiques sur les décisions d’ordre administratif et d’éviter une éventuelle exploitation de ces décisions à des fins politiques », explique l’Assemblée nationale.

    Les questeurs disposent d’une compétence générale en matière financière et comptable. Les dépenses ne peuvent être engagées que par eux. Ils contrôlent l’exécution des opérations budgétaires. Ils s’occupent également des problèmes d’administration générale de l’institution : gestion du personnel, régimes de sécurité sociale, pensions, conservation du Palais-Bourbon et de ses dépendances, parc automobile, restaurants, mise à la disposition de leurs collègues de moyens matériels sont autant de matières qui relèvent de leur compétence, sous l’autorité du Bureau.

    Source : http://www.la-croix.com/France/Politique/Quest-quun-questeur-lAssemblee-nationale-2017-06-29-1200859128

     

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