• Wolu1200 : La brasserie à Woluwe-Saint-Lambert autrefois

    Wolu1200 : La brasserie à Woluwe-Saint-Lambert autrefois

    Le personnel de la brasserie « Het Lindeke », 1930, coll. Musée communal de Woluwe-Saint-Lambert

     

    On sait peu de choses sur la fabrication de la bière à Woluwe-Saint-Lambert avant le milieu du XVIIe siècle. La brasserie Het Lindeke (le « Petit Tilleul ») est déjà mentionnée en 1661 : une partie des bâtiments fortement transformés et agrandis au XIXe siècle subsistent encore de nos jours. Leur situation à cheval sur la Woluwe, vis-à-vis du moulin de Lindekemale et à deux pas du Slot, incite à penser qu’elle fut, en son temps, la brasserie banale de Woluwe-Saint-Lambert et que son existence est bien antérieure.

    En 1686, on mentionne deux brasseries dans la commune de Woluwe-Saint-Lambert : l’une d’entre elles devait certainement être Het Lindeke, l’autre n’est pas identifiée. Au XVIIIe siècle, en 1767, Het Lindeke abritait également un débit de boisson.

    En 1808, elle apparaît comme l’une des trois brasseries présentes sur le territoire de Woluwe. La famille Clerebaut en assurait la gestion dès le dernier quart du XVIIIe siècle. Josse Jacquemyns, conseiller communal à partir de 1819, lui succéda comme propriétaire et exploitant.

    Depuis les années 1850, elle était aux mains de la famille De Becker dont les descendants en restèrent propriétaires jusque dans les années 1990. Les agrandissements opérés en 1868 par Jean-François De Becker (bourgmestre de 1891 à 1903) entraînèrent le voûtement de la Woluwe à cet endroit. La firme De Becker était de loin la plus importante de Woluwe-Saint-Lambert. On y brassait jusqu’à trois fois par semaine. L’eau était puisée à l’origine dans le Leybeek, chenal de dérivation aujourd’hui disparu qui se jetait dans la Woluwe à hauteur du pont enjambant la rivière, entre la brasserie et le moulin de Lindekemale. Par la suite, d’impérieuses raisons d’ordre sanitaire contraignirent les exploitants à utiliser l’eau d’un puits situé à l’intérieur même de la brasserie.

    Wolu1200 : La brasserie à Woluwe-Saint-Lambert autrefois

    Vue générale de la brasserie « Het Lindeke », coll. Musée communal de Woluwe-Saint-Lambert. Vue prise vers 1900 depuis la rue des Floralies, alors dénommée rue du Moulin (site actuel du boulevard de la Woluwe). Au centre, la brasserie avec à l’avant-plan la grange disparue 

     

    Les bières traditionnelles de la région bruxelloise y étaient brassées : gueuze, lambic, faro, mars et bière brune. Avant la guerre de 1914-1918, le personnel comptait une dizaine d’ouvriers.

    Son dernier exploitant, Edmond De Becker, cessa toute activité en 1934. Comme l’immense majorité de ses semblables, cette petite entreprise familiale fut confrontée à la rude concurrence des grandes brasseries dominant le marché bruxellois dans l’entre-deux-guerres (Brasseries Léopold, de la Chasse, Lannoy à Ixelles, de Koekelberg, Vandenheuvel, Wielemans-Ceuppens, Caulier, etc.). Les locaux de l’ancienne brasserie furent alors convertis en dépôt de bière jusqu’en 1943.

    En 1808 un certain Corneille Denies gérait une autre brasserie située à la chaussée de Stockel, sur la rive droite de la Woluwe. Elle ne paraît pas avoir eu une longue existence car elle disparut dès avant 1836.

    Un troisième établissement, situé à l’angle des rues Saint-Lambert et des Floralies, la brasserie du Windmolen (le « moulin à vent ») est signalée au moins dès le dernier quart du XVIIIe siècle. Propriété de la famille Debusscher, elle associait, à l’instar de Het Lindeke, production de bière et débit de boisson. Cette petite brasserie, spécialisée dans la fabrication de gueuze, fut reprise par Pierre Timmermans, distillateur de genièvre à la rue Kelle, receveur communal et échevin, qui la transféra avant 1850 rue Voot, en bordure de la Woluwe – emplacement occupé aujourd’hui par le boulevard de la Woluwe.

    La petite brasserie de Joseph Abeloos, qui produisait également de la gueuze lambic ainsi que de la kriek, s’installa en 1912 chaussée de Roodebeek, à hauteur du carrefour de la rue Théodore Decuyper – c’est l’actuelle blanchisserie Sainte-Catherine. Sa disparition en 1944 marqua la fin d’une activité artisanale multiséculaire, caractéristique d’un monde rural ou semi-rural, tel que l’était encore Woluwe-Saint-Lambert, pour une large part, à cette époque.

    Source :  Musée communal de Woluwe-Saint-Lambert / archiviris.org

    https://archiviris.org/2017/06/18/la-brasserie-a-woluwe-saint-lambert-autrefois-het-brouwersverleden-van-sint-lambrechts-woluwe/


  • Commentaires

    1
    IDE B
    Vendredi 14 Juillet à 10:10

    super photo de l'av. JFD, je ne la connaissais pas !

     

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